« Mais tu écris quoi au juste comme roman ?! »
A cette question je pourrais me contenter de répondre la vérité : j’écris un roman qui sonde la folie et l’envie de meurtre. J’y parle de plaies, de sang, de chaires déchiquetées. J’écris
sur le plaisir que l’on pourrait prendre à écorcher vive une autre vie. J’écris sur l’autre nous, celui qui sommeille en chacun et qui pourrait nous faire faire le pire si nous n’étions pas
capables de nous contrôler ni de nous raisonner.
Mais franchement si je réponds ça, je sens que :
1/ Mes amis vont se faire encore plus de souci pour moi que d’ordinaire,
2/ Mes détracteurs vont se faire un plaisir de m’envoyer passer une vingtaine d’années dans une belle cellule capitonnée, pyjama blanc avec les bras qui s’attachent dans le dos compris.
Alors généralement je réponds avec un aplomb qui m’étonne moi-même : « J’écris un livre pour enfants. »
Eh bé … Espérons qu’aucun parent n’aura l’idée de me prendre au sérieux sinon je serai responsable de la lectérisation de toute une génération !
Citation du jour :
« L’oubli de ses propres fautes est la plus sure des
absolutions ! »
Le 6 mai : Ségolène battue par Sarko. (Je ne parle même pas de la raclée filée aux coco ni de la troisième place de Bayrou). La semaine dernière : l’OM massacré par Sochaux pendantles tirs au but (ça à son importance). Hier : Perpignan qui se ramasse d’un tout petit point face au Stade Français, alors que j’étais là, dans les tribunes, seule face à cinquante milles supporters, hurlant à pleins poumons (enfin des poumons qui ne font que du 85B quand même) : « Et ils sont là, et ils sont là, et ils sont là les catalans ! » Aujourd’hui : je rate le concours d’entrée pour l’école de scénariste dont je rêvais (85B + mononeurone = moisir dans un bureau ad vitam). Et demain : 29 ans. Bref. J’ai connu des temps meilleurs.
Citation du jour :
« Après la pluie … la grêle ?! »
J-2. J’ai beau tout faire, le 15 mai approche inexorablement, tel un vampire en manque d’hémoglobine qui ramperait vicieusement jusqu’à sa prochaine victime : moi. J’ai tout essayé pour fuir l’infuyable. J’ai couru très vite dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (l’air d’une conne), j’ai insomniaquisé à mort pour doubler mon temps de conscience (l’air épuisé), j’ai acheté des fringues dignes d’une gamine de 15 ans (l’air d’une vieille boudinée), j’ai accentué le maquillage (l’air d’un clown), j’ai kiffé grave de la zik de jeun’s (l’air paumé) et j’ai même envisagé LA sortie en boite de l’année (l’air désespéré). Mais nan … Rien n’y fait. Le 15 mai se pointe. Le 15 mai est à ma porte. Le 15 mai j’aurai 29 ans, des rides, de l’arthrite, un début de ménopause et Alzheimer… Ca va, je gère.
Citation du jour : « Il est préférable d’avoir de très gros défauts que de toutes petites qualités. »
Ce matin j’ai eu la chance de trouver une place assise dans le train. J’étais donc confortablement
installée et peu à peu, bercée par les ronchonnements habituels des voyageurs et le doux chaos des transports matinaux, je me suis endormie du sommeil des justes. J’ai daigné ré - ouvrir à
nouveau les yeux une cinquantaine de minutes plus tard. Et là j’ai réalisé que ma tête reposait sur quelque chose de très moelleux et de particulièrement confortable. J’ai tâtonné : ce
n’était pas mon amoureux. J’ai reniflé : ce n’était toujours pas mon amoureux. Non en fait, c’était un ventre. Ou, pour être plus précise, le ventre rebondi du
vieux monsieur assis à côté de moi depuis le départ. Alors j’ai levé mes yeux encore tout embués de sommeil et j’ai entendu ce gentil bonhomme me dire tout simplement : « C’est bien que
vous soyez réveillée parce que je descends à cette station. »
Cet inconnu est mon héros du jour.
Citation du jour :
« Pourquoi contredire une femme ?! Il est tellement plus simple d’attendre qu’elle change
d’avis ! »

Et une de plus, une ! Toute ressemblance avec mes seins et mes aventures serait, bien entendu,
purement fortuite … Vous pouvez visualiser cette nouvelle planche en cliquant sur le lien suivant : http://30joursdebd.com/index.php?2007/05/10/144-lili-4 (je renonce à bidouiller pour que vous puissiez la voir en cliquant directement dessus, trop de labeur
pour si peu de reconnaissance technologique, ça m’épuise !)
Et merci à Jean-Fred pour son travail et sa compréhension depuis ces dernières semaines durant lesquelles je lui ai fait vivre, quasiment avec délectation, le cauchemar du dessinateur qui a une
scénariste qui doute, doute, et doute encore !
